Numeris ( BBM Canada)

 Un aperçu

Dès les débuts de la radio privée canadienne au milieu des années 1920, les diffuseurs, comme la plupart des autres médias, élaboraient leurs propres façons de mesurer l’écoute de la radio. Ce ne fut que près de deux décennies plus tard que des initiatives de recherche indépendantes virent le jour. 

Au fur et à mesure que l’industrie de la presse écrite développait des informations quantitatives sur le lectorat, il devenait évident (selon les annonceurs) que la radio devait établir elle aussi la « valeur » des espaces publicitaires qu’elle entendait vendre.

Ainsi, au début des années 40, il devenait évident qu’il serait nécessaire de développer des données indépendantes de mesure d’auditoire qui seraient considérées comme crédibles par le nombre croissant d’annonceurs (et d’agences de publicité) conscients des avantages et du dynamisme du domaine en pleine expansion de la publicité en ondes.

Ainsi, en 1942, l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) s’associait à l’Association des annonceurs canadiens (AAC) et à l’Association canadienne des agences de publicité (ACAA) afin de développer le concept qui devint par la suite le « Bureau of Broadcast Measurement » (BBM). Comme les membres de ces diverses associations produisaient et parrainaient des programmes radiophoniques, ils avaient besoin de données fiables sur le nombre d’auditeurs qui écoutaient leurs émissions et ils ne pouvaient se satisfaire des services disponibles à cette époque sur le marché intérieur ou aux États-Unis.

Par conséquent, un comité fut formé en vue d’élaborer une proposition devant conduire à la création de BBM – proposition qui fut présentée lors de la réunion annuelle de l’ACR le 14 février 1944. Fait intéressant à signaler : cette proposition fut présentée par Jack Kent Cooke, qui travaillait à l’époque pour Roy Thompson à Northern Broadcasting et négociait l’acquisition par cette dernière de CKEY Toronto.

Dans sa conclusion, Cooke déclarait : « L’ACR sera la première association au monde à adopter et à inaugurer un système de mesure uniforme de la couverture. Une telle action sera perçue à l’avenir comme une nouvelle étape importante dans les progrès de la radiodiffusion au Canada ».

Le 11 mai 1944, soit trois mois plus tard, le « Bureau of Broadcast Measurement » fut créé en tant que coopérative tripartite à but non lucratif regroupant les diffuseurs, les annonceurs et leurs agences. Il avait pour mandat de fournir une mesure de haute qualité et impartiale des auditoires radiophoniques au Canada, au coût le plus bas possible pour tous les intéressés.

Dès le départ, les fondateurs considéraient BBM comme un organisme financé par les médias mais avec un fort contingent annonceurs / agences détenant 2/3 des voix – ces derniers en auraient le contrôle et se sentiraient donc confortables avec la crédibilité de la méthodologie et des rapports ultérieurs.

Initialement, le Conseil d’administration comportait trois représentants des diffuseurs, trois des annonceurs et trois des agences. Parmi les premiers représentants du monde de la diffusion à siéger au Conseil de BBM, on peut noter :

Bill CranstonCKOC Hamilton

Hal CrittendenCKCK Regina

Ken SobleCHML Hamilton

Fraser DougallCKPR Thunder Bay

A.M. CairnsCFAC Calgary

Phil LalondeCKAC Montréal

George Chandler CJOR Vancouver

Ils furent rejoints par des personnalités de l’industrie telle que Ted Reynolds de Reynolds Advertising et Mary Moran de Whitehall Laboratories.

Dès le début, BBM distribuait des cahiers d’écoute imprimés aux Canadiens par la poste en vue de leur demander de préciser leurs habitudes d’écoute. Comparé aux normes d’aujourd’hui, le formulaire de l’époque semble avoir été très rudimentaire : il demandait en effet que l’écoute soit rapportée « par ménage », et ne concernait que deux parties de la journée (soit pendant la journée et à partir de 18 heures). Le formulaire demandait simplement à un membre de la famille de s’identifier par sexe et d’indiquer s’il avait plus de 21 ans, ou moins, et de signaler qu’un membre de la famille avait écouté des stations de radio individuelles une fois, trois fois ou encore quotidiennement pendant la semaine. Ce sondage était effectué dans chaque comté à travers le Canada.

Selon les archives de BBM, des « primes » étaient envoyées avec chaque « cahier d’écoute » en guise de récompense pour la participation de la personne sondée et afin d’assurer un pourcentage élevé de réponses. En fait, la « prime » fut  d’abord un trousseau de épingles de sureté et ne fut augmentée que plusieurs années plus tard, les épingles étant remplacées par la somme impressionnante d’une pièce de 50 cents.

Il est également intéressant de noter qu’initialement la cotisation des radiodiffuseurs fut fixée à 25 $ par année.

Des sondages auprès des auditeurs étaient effectués tous les deux ans. Les rapports distribués après chaque enquête identifiaient l’écoute selon deux critères : d’abord l’indicatif d’appel de la station radio écoutée, et ensuite le pourcentage de la population totale qui l’écoutait dans une zone de recensement d’une ville ou d’un comté. Le premier sondage fut distribué en octobre 1944 et le deuxième en mars 1946.

Au départ, BBM fut hébergé dans les locaux de l’AAC qui lui fournissait des bureaux et une assistance administrative. Un membre du personnel de l’AAC, Chuck Follett, fut chargé d’aider la nouvelle structure à démarrer. Chuck prendrait sa retraite quelque 31 ans plus tard, après avoir consacré la majeure partie de sa vie professionnelle à BBM.

Le nombre de sondages fut progressivement porté à une fois par année puis, en 1956, à deux fois par année. Aujourd’hui, BBM effectue des sondages de l’écoute radio trois fois par année (au printemps, en été et à l’automne)

En 1952, lors de la création par la Société Radio-Canada (SRC) de ses deux premières stations de télévision, BBM inaugurait un service de mesure télévisuelle. Aujourd’hui, BBM compte parmi ses membres près d’une centaine de stations de télévision. Le 7 juillet 1966, en raison de l’expansion de l’industrie de la radiodiffusion, le conseil d’administration changeait officiellement le nom de l’organisme à « BBM Bureau of Measurement » (« Sondages BBM ») tout en rédigeant une nouvelle charte corporative. Depuis lors, les services de radio et de télévision de Sondages BBM ont été développés pour répondre aux exigences croissantes du marché des radiodiffuseurs canadiens publics et privés, ainsi que des agences de publicité et des annonceurs.

En tant que service de mesure de l’industrie de la radiodiffusion, Sondages BBM remplissait une fonction unique pour chaque groupe membre. Les données publiées par Sondages BBM fournissaient à tous les membres une référence commune pour la prise de décisions de programmation et de publicité impliquant des centaines de millions de dollars.

Dans les années 1990, le conseil d’administration de Sondages BBM comportait 14 membres : quatre représentants des stations de radio, quatre représentants des stations de télévision et six acheteurs d’espaces publicitaires - (quatre représentants des agences de publicité et deux représentants des annonceurs). De plus, deux comités exécutifs relevant du conseil d’administration élaboraient des politiques qu’ils soumettaient pour approbation au Conseil. Le comité radio (REC) comportait 18 membres alors que le comité TV (TVEC) comportait 21 membres. Tous deux regroupaient des diffuseurs, agences et annonceurs. Au fil des années, étant donné l’environnement en mutation rapide de la communauté de la radiodiffusion, BBM Canada augmentait continuellement son personnel, ses services et ses capacités.

En septembre 2009, BBM Canada lançait un service national et régional de mesure électronique de l’auditoire à l’aide de son système « Portable People Meter ». BBM Canada affirmait que le « PPM » permettrait de « ... cerner les habitudes d’écoute des téléspectateurs où qu’ils soient, et de mesurer les habitudes d'écoute de la radio avec une précision d’une minute ». Ce système portable remplaçait le système précédent de BBM Canada, qui était relié par câble au téléviseur de chaque participant. Les panélistes transportaient désormais de petits appareils capables de détecter les codes intégrés dans la piste audio d’une émission. À l’échelle nationale, environ 9 000 panélistes avaient été équipés de ces appareils. Des données régionales seraient recueillies à Vancouver, Calgary, Edmonton, Toronto et Montréal. « Le lancement du service PPM de radio et de télévision de Sondages BBM Canada est un grand pas en avant pour les industries canadiennes de la télévision et de la publicité », de dire Jim MacLeod, président et chef de la direction de BBM Canada. « En 2004, BBM Canada prenait les devants, en introduisant la technologie PPM à Montréal et au Québec afin d’y mesurer l’écoute télévisuelle régionale. Cinq années plus tard, nous savons que le PPM est fiable, que les panélistes de BBM Canada aiment utiliser cet appareil et que la mesure portable est beaucoup mieux adaptée aux modes de vie mobiles de nos jours ».

En juin 2014, BBM Canada changeait de nom pour devenir Numeris. Par la même occasion, l’organisme adoptait un nouveau positionnement : Des auditoires qui comptent. Le nouveau nom fut accompagné par un nouveau logo, représentant la lettre majuscule « N » bleue et verte composée de dizaines de petits points colorés. Ceux-ci évoquaient le rapprochement de multiples sources de données multiples ainsi que les nombreuses personnes qui jouent un rôle déterminant dans la prise de décisions professionnelles importantes pur l’avenir de la radiodiffusion au Canada. En exploitation depuis 1944, l’organisme fut d’abord connu sous le nom de « Bureau of Broadcast Measurement », devenant « BBM Bureau of Measurement » (ou « Sondages BBM ») en 1966 et « BBM Canada » en 2001. Le nom Numeris traduisait en effet une nouvelle identité visuelle, une image de marque plus porteuse ainsi la volonté de rompre avec les enquêtes et la bureaucratie du passé qui étaient incompatibles avec sa vision moderne.

En mars 2019, Numeris annonçait un grand changement dans le système de classification radio. Quatre-vingt-quinze petits et moyens marchés, qui dépendaient toujours de relevés quotidiens, obtiendraient une mesure à longueur d’année à partir de l’été. Les diffusions de mesures d’auditoire refléteraient une moyenne mobile et les données seraient recueillies au cours d’une période de 24 semaines pendant 12 mois et transmises à l’automne et au printemps. Le changement fut introduit afin de répondre aux défis de recrutement constants pour atteindre des niveaux d’échantillonnage suffisants, créés en partie par le passage à des ménages exclusivement mobiles et à la réticence croissante du public à participer aux enquêtes auprès des consommateurs. Ces problèmes furent mis en évidence au printemps 2018 lorsque Numeris dût supprimer les résultats des classements pour cinq marchés de la télévision et 10 marchés de la radio.

À compter de 2020, Numeris continuait d’utiliser la méthode PPM ainsi que celle des cahiers d’écoute, afin de suivre quotidiennement les habitudes individuelles d’écoute radio et télévision.

À l’été 2020, Numeris annonçait que dès l’automne 2020 elle ne produirait plus de cahiers d’écoute pour la télévision. De plus, elle déplacerait entièrement en ligne son sondage d’écoute radio, en se concentrant désormais sur les principaux marchés de la radio. L’agence expliquait cette décision par le potentiel d’une deuxième vague de la COVID-19, et le risque de ne pouvoir traiter manuellement les cahiers d’écoute si d’autres périodes de confinement survenaient. Certains membres du personnel de Numeris travaillaient de nouveau au bureau, mais l’agence déclarait qu’elle restait incapable de traiter à distance les réponses au sondage par cahiers d’écoute. Numeris effectuait un sondage d’écoute radio en ligne depuis 2016. Comme les marchés les plus peuplés généraient généralement le plus grand nombre de répondants en ligne (de 40 à 50%), l’agence procéderait à l’automne à un sondage exclusivement  en ligne en se concentrant uniquement sur les principaux marchés.

CTA Donation - FR

Nous dépendons des subventions et des dons de l’industrie

Voyez nos commanditaires